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> « Je ne serais pas la rue Thiers ! »


Si vous étiez…
Un monument ?

« La bourse du travail de Fives. Un symbole de luttes historiques et actuelles, située dans l’ancien bâtiment administratif de l’usine FCB, où fut signé en 1945 l’accord donnant naissance aux comités d’entreprise avec le ministre communiste Ambroise Croizat. C’est là que récemment des familles roms ont trouvé refuge et revendiquaient avec les syndicats le droit de vivre dans la dignité. »

Une station de métro ?
« Porte des postes, au carrefour de plusieurs quartiers et au croisement des deux lignes, fréquentée par toute la diversité des Lillois, jeunes, anciens, salariés, étudiants… »

> Un Lillois célèbre ?
> « Une Lilloise, Martha Desrumaux, militante communiste engagée contre les guerres coloniales, résistante, déportée au camp de Ravensbrück. Elle fut élue au conseil municipal en 1944 et députée en 1945. Elle fut la seule femme présente lors des accords de Matignon en 1936. »

> Une rue ?
> « Beaucoup me plaisent. Celle que je ne serais pas : la rue Thiers ! Je le rebaptiserais volontiers « rue des Communards ». Je n’accepte pas qu’une ville de gauche donne le nom d’une rue à un président conservateur qui a fait massacrer le peuple de Paris en 1871. »

> Un événement historique ?
> « L’élection de Paul Lafargue comme député de Lille, le 8 novembre 1889. Il fut emprisonné au moment de son élection en raison de son engagement politique. Né à La Havane, celui qui fut le gendre de Karl Marx était métis et se définissait lui-même « fils de trois peuples opprimés » avec ses ascendances indiennes, juives et mulâtre. Son œuvre Le Droit à la paresse inspira les luttes ouvrières donnant droit aux congés payés. »

Actualité

Portrait dans la Voix du Nord du 13 mars 2014

Hugo Vandamme, l’homme qui voulait vivre sa ville

Le candidat du Front de gauche ne veut pas faire le bonheur des Lillois. Il pense que les Lillois sont assez grands pour cela, à condition de leur en donner les moyens et l’envie. « Pour faire la ville, il faut vivre avec les gens », prône Hugo Vandamme, 34 ans.

article la voix du nord de S. BERGÈS (TEXTES) ET M. ROSEREAU (PHOTOS)

La place Casquette est une piscine. La pluie a transformé les terrains de pétanque en bassins glacials. L’eau reflète un type d’allure juvénile, cheveux courts, anneau dans l’oreille, et le regard un peu grave, même quand il partage des souvenirs joyeux. « L’image que j’ai, ici, c’est la Waz Pétanque Cup, l’effervescence joviale, ces gens qui ne se connaissent pas, qui ne sont pas fans de boules, qui se pointent et qui jouent. »

Hugo Vandamme a donné rendez-vous chez Momo, l’institution de la place Casquette. Salut à la cantonade, on se serre la pogne, on prend des nouvelles de la famille. Le candidat du Front de gauche est papa depuis un peu plus de trois mois. Avant de s’installer à Lille-Sud en 2012, il a vécu plusieurs années à Wazemmes, à deux pas de Casquette. Dans la mal nommée avenue Albert, en fait une impasse.

« Une impasse, c’est comme une courée, énonce le benjamin des candidats à la mairie. On en vient à tous se connaître. » Il raconte les vignettes de foot filées à un gamin, la poignée de porte fixée chez la voisine, le réglage de la connexion internet chez un autre. Et puis la place Casquette, pôle de ce petit univers wazemmois, « un lieu de rendez-vous sans rendez-vous », où l’on croise les amis sur la route de l’épicerie et où l’on s’arrête pour « boire un coup ». Où l’on vit ensemble et pas les uns à côté des autres. « C’est l’image de la ville que je souhaite, souligne l’élu communiste. Cette convivialité, cette entraide. »
Mais tout n’est pas rose au pays des cochonnets et de l’accordéon. « C’est aussi un symbole de gentrification », regrette Hugo Vandamme, qui cloue au même pilori la spéculation immobilière et l’avidité des propriétaires. Lui-même a fini par partir, lassé de louer 600 € un 35 m2 humide. À Wazemmes aussi, la médaille a un revers. À Wazemmes aussi, la ville crée des exclus.

Soutien aux associations

Même la culture, une fierté locale, fait des laissés-pour-compte. Hugo Vandamme dit avoir été frappé par l’isolement de ces habitants qui vivent « en spectateurs » le foisonnement culturel de leur ville. « Quand il y avait une expo ou un concert à la Maison folie, ma voisine, mère de trois enfants, disait « c’est pas pour nous ». » Elle habitait à quelques mètres. « Ça m’a beaucoup interpellé sur la notion de proximité, confie Hugo Vandamme. Pour faire la ville, il ne faut pas la dessiner de son bureau, il faut vivre avec les gens. »

Le trentenaire gare son Kangoo le long d’une clôture de chantier. Nous sommes rue de Fontenoy, à Moulins, entre la fac de droit et la Maison folie. Hugo Vandamme désigne, au rez-de-chaussée d’un immeuble d’angle, un local associatif. Filafil, un vrai petit centre social, avec ses ateliers, ses activités, son aide aux devoirs… et sa permanence emploi, tenue pendant un temps par un jeune militant communiste. Des années plus tard, celui-ci est candidat à l’élection municipale et le soutien aux associations compte parmi ses priorités. « Le problème du financement actuel, c’est qu’il oblige les associations à entrer dans un cahier des charges, à devenir prestataires de services. Où est la créativité, où est l’innovation ? » Le communiste assure qu’« on peut fonctionner autrement », redonner confiance et liberté aux structures à but non lucratif, premier maillon du lien social dans les quartiers.

En face de Filafil, un autre maillon s’est rompu. Volets baissés, porte close, le Détour est retombé dans le silence. Il était une oasis de musique dans ce recoin aride de Moulins. « Le mercredi soir, après la permanence, on avait l’habitude d’y boire un coup », raconte Hugo Vandamme. Las, un vent mauvais souffle sur les cafés-concerts, et le Détour, comme d’autres, a été balayé. « C’est un énorme regret, un raté, peste le candidat musicien. Le rôle de ces cafés est énorme et on ne s’en rend pas compte, c’est du lien social et on est en train de le perdre. On ne retrouvera jamais tout ce qui est en train de fermer. Le communiste explique n’avoir jamais vu Skip The Use en concert, mais avoir bien connu les Lillois quand ils écumaient les rades sous le nom de Carving. « Ces groupes n’existent que parce que des endroits comme le Détour étaient là.

La question est : est-ce un enjeu ou pas de préserver la diffusion culturelle et le commerce de proximité ? » Quitte à mettre en place un fonds d’aide pour l’insonorisation des locaux, afin de préserver les tympans du voisinage. Tout plutôt que regarder crever sans bouger les petites scènes. Tout plutôt que la résignation.

Gestion publique

Ruer dans les brancards, Hugo Vandamme sait faire. Il l’a prouvé ces dernières années. De retour dans le Kangoo, il justifie : « Je ne suis pas le préposé à la polémique. Mais quand c’est nécessaire, il faut le faire. » Il coupe le contact devant la Résidence Sud. Une barre HLM de Lille-Sud fraîchement réhabilitée, bardée de plaques blanches et vertes, plantée à deux pas de la grande mosquée. Début 2012, un collectif de riverains l’avait alerté. « Il pelait, les gens étaient en manteau chez eux, Vilogia (le bailleur) ne répondait pas, les gens avaient frappé chez les élus PS en vain », décrit Hugo Vandamme.

Avec les habitants et des associations, le DAL et la CNL, il aide alors à monter une « opération coup de poing ». Il insiste : « Ils m’ont demandé ce que je pouvais faire pour eux. Je leur ai répondu que je voulais faire avec eux, pas pour eux. Sinon, on leur enlève leur pouvoir d’agir. » L’action, très médiatique, de la Résidence Sud lui vaudra la rancœur tenace de plusieurs élus socialistes. Lui n’en a cure, se dit « très fier » et extrait un petit calepin de sa poche. Dans ses pages, il consigne ses rencontres : loyers abusifs, témoignages désabusés, factures vertigineuses. « Comment répond-on aux besoins vitaux ? », interroge tout haut ce partisan de la gestion publique, en matière de logement social comme de transport ou d’eau du robinet. « Être élu, c’est être au côté des gens , répète celui qui, élu ou pas, candidat ou pas, demeure un militant. Un indigné dans la ville.

> De l’élu débutant à l’élu poil à gratter

Il a parlé. Sans crier gare. En 2009, un an à peine après son élection, Hugo Vandamme fustige publiquement le recrutement peu lillois de l’usine Oxylane de Fives. L’élu communiste délégué à l’emploi des jeunes rappelle, excusez du peu, Martine Aubry à ses devoirs. Coup de gueule, coup de jeune. Petite révolution.

Avec sa bouille de rocker, son anneau dans l’oreille et l’effronterie de ses 30 ans, l’élu venait de rendre la parole à un PCF lillois habitué à jouer, sous la houlette de la sénatrice Michelle Demessine, l’allié indéfectible du maire. Quitte à risquer la dilution.

Sa liberté de ton, Hugo Vandamme en fera usage tout au long du mandat, sur les sans-papiers, les Roms, l’emploi, les services publics. À l’agacement grandissant des socialistes. « Il n’a rien fait », cinglait encore, dans une récente interview, la maire sortante, outrée par la présence du Front de gauche et les foucades de son leader. « Quand le dialogue interne ne fonctionne pas, il faut trouver d’autres moyens », justifie ce musicien touche-à-tout, guitare, accordéon, orgue, qui a fait émerger en six petites années une musique personnelle dans le concert bien réglé de la gauche locale.


> « Pas de plan de carrière »

> En 2008, Hugo Vandamme est un parfait inconnu. Né à Lille, grandi à Hazebrouck, ce fils d’employés des PTT est un élu débutant. Mais un militant aguerri. Tanné dans les luttes syndicales étudiantes, bénévole dans des associations, fondateur d’un comité du Secours Populaire dans le Cambrésis, responsable national de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Celui qui voulait « arrêter l’école rapidement » a découvert le travail social au lycée, « séduit » par un personnel dévoué. « Et puis la JOC m’a fait prendre conscience que j’étais capable d’aller plus loin, de faire quelque chose d’utile. » Après un BEP en mécanique auto et un retour par la case seconde générale, il décroche son bac puis un diplôme d’éducateur socioculturel à l’IUT de Tourcoing.

> « Je n’ai pas de plan de carrière, j’ai un projet de vie », dit celui qui sait à quoi ressemble un guichet de Pôle Emploi. Méfiant vis-à-vis des « politiques professionnels », il a gardé son boulot, à mi-temps, depuis qu’il est élu.

> Le mandat a commencé selon lui par une « trahison », les fiançailles entre Aubry et le MoDem Jacques Richir. L’idée d’une liste autonome du Front de gauche aura lentement mûri. Les troupes communistes, ragaillardies dans les luttes et l’alliance avec le Parti de gauche du camarade Mélenchon, brûlaient de se faire entendre. Elles ont trouvé leur voix.

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