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Fracture numérique :

Le conseil d’analyse stratégique a remis en décembre 2009 un rapport distinguant trois fractures numériques :

  • La fracture générationnelle : seulement 16,9 % des plus de 75 ans disposent à leur domicile d’un ordinateur et 15 % ont une connexion Internet. Un phénomène qui serait plus marqué en France qu’ailleurs : ainsi si 18 % des Français de plus de 65 ans utilisent Internet ce chiffre est de 65 % au Danemark et 68 % en Finlande.
  • La fracture sociale : 34 % des personnes aux plus faibles revenus ont un ordinateur à domicile et 28,2 % une connexion à Internet contre respectivement 91 % et 87,1 % pour les revenus les plus élevés.
  • La fracture culturelle : les personnes les moins diplômées ont un moindre accès à domicile à un ordinateur (56 %) et à Internet (50,5 %).
Une économie au service de l’humain

Pour que l’innovation bénéficie au plus grand nombre

Les technologies d’information et de communication font partie intégrante de notre quotidien. Tous les acteurs du monde économique s’en sont saisi. C’est pourquoi ces technologies sont le théâtre de grands enjeux et de choix de société.

Elles comportent un potentiel immense en matière d‘accès et de partage des connaissances. À Lille, elles permettent parfois d’améliorer l’accès aux services publics et pourraient être utilisées pour apporter de la transparence aux institutions tout en améliorant la démocratie.

Mais force est de constater que les citoyens ne demeurent pas égaux quant à l’accès à ces technologies. Celles-ci se renouvellent avec une telle rapidité qu’elles excluent une partie de la population tant en terme d’usage que d’équipement. Ce phénomène crée une fracture numérique entre les utilisateurs initiés et les laissés-pour-compte de la révolution informationnelle.

Comme tous les réseaux, Internet est le théâtre d’enjeux de société contradictoires : pendant que certains acteurs y construisent des outils de création et de partage de l’information, d’autres tentent de monopoliser le réseau à des fins mercantiles et néfastes pour l’utilisateur : incitation à l’achat, exploitation des données personnelles, utilisation du « temps de cerveau disponible », redirection de l’accès à l’information vers des services payants. Pour de nombreux utilisateurs, l’autoroute de l’information se transforme de jour en jour en labyrinthe.

Par ailleurs, l’impact écologique des nouvelles technologies est crucial. Au-delà de la vision angélique de l’économie de papier réalisée par la dématérialisation des services (vision qui se révèle tronquée), l’obsolescence programmée du matériel électronique accentuée par l’utilisation de logiciels de plus en plus gourmands en ressources devrait faire l’objet d’une véritable étude.

Une municipalité dispose de moyens pour pallier localement ces problématiques tout en appuyant toutes les initiatives qui tendent à impulser la création et favoriser un partage de l’information. Cette politique peut être initiée par :

  • La formation des habitants aux pratiques liées aux technologies d’information et de communication.
  • La création de nouveaux portails web facilitant la citoyenneté active.
  • L’utilisation d’outils en ligne pour optimiser et faciliter l’accès et la transparence des services publics.
  • L’optimisation de l’équipement des services de la ville de Lille par la mise en place de systèmes durables intégrant des logiciels libres.

Et ce n’est pas tout ! Une nouvelle révolution technologique pointe déjà le bout de son nez : avec la démocratisation des imprimantes 3D, des problématiques similaires à celles citées ci-dessus feront bientôt irruption, non plus dans le champ informationnel, mais dans le champ matériel. D’énormes enjeux existent : nouveaux clivages générationnels, besoin de formations liées aux nouvelles pratiques, colonisations marchandes de cette technologie, etc. Les citoyens ont donc intérêt à ce que l’appropriation de ces techniques bénéficie au plus grand nombre. C’est en ce sens que nous soutiendrons toutes les initiatives publiques et associatives visant à accompagner le développement de ces nouveaux lieux de production (nommés Fab-labs).

Former aux Technologies de l’information et de la communication? [1] pour diminuer la fracture numérique

L’accès aux outils numériques, à l’informatique et à Internet pour tous est encore loin d’être une réalité. Force est de constater que les inégalités persistent pendant que des nouvelles normes s’installent. Les observateurs ont cru un temps que la fracture numérique était uniquement générationnelle et qu’elle allait s’estomper avec le temps. Il n’en est rien : de nouvelles fractures apparaissent, notamment auprès d’adolescents nés avec le numérique qui n’ont pas accès aux TIC?, pour des raisons économiques ou culturelles.

Il est nécessaire d’agir pour réduire ces inégalités, démocratiser l’accès aux TIC? et permettre que, sur la ville de Lille, ces outils soient apprivoisés par tous les habitants.

Propositions concrètes :
  • Souvent méconnus, les EPN (Espaces Publics Numériques) sont des lieux dans lesquels les habitants peuvent s’approprier les technologies d’information et de communication. Il est nécessaire de rendre visibles et accessibles les espaces publics numériques. Il est tout aussi nécessaire de les mettre en réseaux avec d’autres espaces qui rassemblent des acteurs économiques familiarisés à la pratique des technologies numériques. C’est le cas des tiers-lieux? [2]
  • Chaque Lillois doit pouvoir apprendre et maîtriser les codes et usages des technologies d’information et de communication. Des formations existent. Elles doivent pouvoir toucher toutes les générations et s’inscrire dans le cadre du projet éducatif global de la ville de Lille (PEG).
  • Si elles permettent souvent d’initier les néophytes à l’utilisation de l’outil informatique, ces formations doivent aussi apporter des billes afin de permettre aux utilisateurs réguliers de s’approprier les réflexes et d’éviter les pièges rencontrés couramment par les utilisateurs du web : sensibilisation aux risques liés à l’exploitation de données personnelles, intrusion de programmes publicitaires et espions, etc.
  • Des ateliers de sensibilisation au décryptage et à la lecture critique des médias web pourraient aussi voir le jour.

Stopper la marchandisation des savoirs et l’intrusion dans la vie privée.

Si les pionniers d’internet ont bâti le réseau mondial sur une philosophie de partage et d’accès à l’information, force est de constater que ce projet généreux est aujourd’hui attaqué de toute part. La « propriété intellectuelle » sert d’alibi à la privatisation du savoir. Armées de brevets et s’appropriant tout, quelques multinationales revendent sans fin et cher, des logiciels dont la production ne coûte plus rien. Il prive la collectivité humaine du principal progrès propre à l’informationnel : le coût marginal de reproduction nul.

La résultante de cette logique se traduit par l’hyper-surveillance généralisée. Forcé de choisir entre un paiement monétaire (comme par exemple chez Microsoft) ou un bon d’exploitation de ses données personnelles (en utilisant les services faussement gratuits, comme par exemple Google ou Facebook), le citoyen fait face à l’enregistrement systématisé des ses données dont l’exploitation deviendra hors de portée..

Pour éviter ces dérives, une municipalité se doit de rester vigilante pour éviter certaines dérives tout en impulsant des pratiques permettant de favoriser le partage des œuvres numériques..

Propositions concrètes
  • Nous resterons vigilants à ce qu’aucun service public en ligne ne préconise l’inscription sur un réseau social exploitant les données de l’utilisateur (de type Facebook, Twitter, etc.)
  • Nous nous opposerons à toutes les mesures généralisant le fichage des données des utilisateurs. En ce sens, nous sommes opposés au fonctionnement du système Passpass tel qu’il a été initié par Transpole et Communauté Urbaine de Lille.
  • Nous encouragerons toute initiative permettant le partage d’œuvres culturelles entre individus sans but lucratif. Les photographies, textes, films et œuvres réalisés par la ville de Lille seront placés sous licence « creative comons ».
  • Les bibliothèques seront dotées d’outils, ayant pour vocation l’échange de créations artistiques (sons, images, textes, vidéos) par et pour ses usagers.

Des logiciels libres au service de technologies durables

Dans le contexte cité ci-dessus, la ville de Lille dépense sans fin de nouvelles licences logicielles inutiles. Pourtant, d’autres solutions existent : de nombreux logiciels libres, développés par des personnes motivées par l’idée de partage, permettent d’effectuer les mêmes tâches.

Les communautés du libre, très active sur le territoire lillois sont singulièrement une démonstration originale de la pertinence et de la possibilité de formes de dépassement des rapports marchands.

Au-delà de l’économie budgétaire réalisée sur licences logicielles, l’utilisation de solutions libres par les services de la ville de Lille permettrait de rendre les parcs informatiques plus fiables (ces systèmes présentent une résistance plus importante aux virus informatiques), plus facile d’utilisation et parfois plus durables (des systèmes d’exploitations tels qu’Ubuntu sont beaucoup moins gourmands que Windows en ressources matérielles).

Ce dernier point est d’une importance capitale : contrairement aux idées reçues, l’empreinte écologique liée à l’utilisation des nouvelles technologies est élevée tant en terme de production que d’entretien et d’utilisation du matériel. Il est donc primordial pour une ville de la taille de Lille de s’assurer de la longévité des parcs informatiques. Le choix de matériels et les logiciels installés, mais aussi des pratiques telles que le réemploi informatique influent sur cette empreinte.

Propositions concrètes :
  • Promouvoir les logiciels libres.
  • Réaliser une étude concernant la conversion de certaines administrations et établissements scolaires pouvant adopter des logiciels libres.
  • Intégrer dans les clauses de marché public la prise en compte de l’obsolescence programmée du matériel informatique. Préférer les logiciels et systèmes peu gourmands en ressources matérielles.
  • Développer le réemploi des parcs informatiques dans ce secteur (comme dans les autres), le réemploi n’est encore qu’une pratique marginale. Alors que les réseaux, les compétences et les moyens existent, il est nécessaire de lancer des appels à projet, afin de financer ceux parmi leurs porteurs qui souhaitent, dans un cadre d’économie sociale, entreprendre dans cette filière.
  • Encourager la formation à l’utilisation de logiciels libres ( ces formations peuvent avoir lieu sous forme d’atelier dans les Espaces publics numériques, par ailleurs, les économies réalisées sur les licences de logiciels pourraient être utilisées pour former le personnel de la ville de Lille au logiciel libre).

Des nouvelles technologies au service de la démocratie

Si les potentiels offerts par un réseau ouvert sur le monde sont de plus en plus exploités par les administrations publiques, force est de constater que l’information donnée par les services de la ville de Lille se font majoritairement de manière descendante. Le site de la ville de Lille en est un bon exemple : sa rubrique consacré à l’E-démocratie ne contient aucun outil de démocratie en ligne.

Propositions concrètes :
  • Rendre les services et informations municipales plus interactifs.
  • Systématiser les comptes-rendus sur le web des instances démocratiques et la prise de parole des habitants. ( et accessoirement, en finir avec les pratiques de censure des débats polémiques concernant le conseil municipal sur le site de la ville )
  • Créer des d’espaces virtuels de concertation des habitants. Sans négliger les limites de ce type de dispositif, il nous semble judicieux de développer les forums et autres types d’espaces virtuels de concertation, permettant aux habitants de s’exprimer et de contribuer à la construction des projets municipaux (grand projet urbain, projets culturels, etc.). Des expériences pourraient être menées dans les milieux scolaires, sous forme de projets coopératifs, à l’aide de supports numériques.

De nouveaux outils pour se ré-approprier les moyens de production

L’une des évolutions les plus prometteuses de la révolution numérique est l’application du principe des logiciels et des licences libres à la conception et la production d’objets matériels (open source hardware). Ces concepts ne constituent pas des technologies, mais des modes d’organisation sociale pour créer, produire, utiliser, modifier un logiciel ou un objet matériel. Les objets de chacun sont créés collectivement et souvent à partir des plans numériques d’autres objets. Tout en gardant la paternité de son œuvre, on partage sa création en mettant en ligne sur le réseau les plans, et tout ce qui permettra de reproduire l’objet, de le réutiliser, de l’améliorer, de le détourner.

Ces pratiques prennent souvent place dans des lieux dédiés [3]. Ces lieux s’inscrivent dans des logiques de biens communs, de coopération et de valeur d’usage. Dans ce contexte, celui qui est le plus socialement utile est celui dont les créations sont les plus partagées, modifiées, transgressées. Les acteurs des Fab-Labs sont donc confrontés à la nécessité de dépasser le carcan que constitue, pour leur activité, la propriété privée des moyens de production, que cela soit sous la forme de copyright ou de brevets.

Propositions concrètes :
  • Promouvoir, et accompagner toutes initiatives citoyennes permettant de développer l’open source hardware.
  • Participer au développement de Fab-Labs sur le territoire Lillois, l’inscrire dans le cadre du projet éducatif global de la ville de Lille (PEG).

Notes :

[1Les notions de technologies de l’information et de la communication? (TIC?) regroupent les techniques principalement de l’informatique, de l’audiovisuel, du multimédia, de l’Internet et des télécommunications qui permettent aux utilisateurs de communiquer, d’accéder aux sources d’information, de stocker, de manipuler, de produire et de transmettre l’information sous toutes les formes.

[2Les tiers-lieux? sont des espaces collectifs conçus pour se situer à mi-chemin entre la maison et la sphère professionnelle. Dans ces environnements, de nombreux acteurs (individus, associations, entreprises... ) exercent des activités, le plus souvent via la pratique du numérique. Ces lieux se veulent des espaces de travail ouverts sur l’extérieur. Ils sont le théâtre de pratiques qui tentent de manière prospective, de rechercher un dépassement des crises économiques, écologiques et sociales qui caractérisent notre société. La Coroutine ou le Mutualab sont deux exemples de tiers-lieux? Lillois.

[3Ces lieux reçoivent l’appellation de «  Fab Lab? ». Ce sont des lieux ouverts au public où des machines-outils pilotées par ordinateur sont mises à sa disposition. On y trouve notamment des imprimantes 3D. Les mots-clés qui définissent ces lieux sont : faire, partager, apprendre, droit à l’erreur, gratuité. La caractéristique principale des Fab Lab? est leur « ouverture ». Ils s’adressent à tout type de public voulant produire rapidement des objets modélisés en 3D. Ils constituent aussi un espace de rencontre et de création participative.

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