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Toujours plus haut, toujours plus vite : la ville conçue par et pour les privilégiés !

Le projet urbain dit d’ « excellence » mis en œuvre à Lille s’inscrit dans une logique reposant sur la mise en concurrence des Territoires.

Cette logique est loin de répondre aux besoins des Lillois. Elle consiste à mobiliser les moyens publics pour promouvoir « l’attractivité du territoire » :

  • Les espaces urbains, et tout particulièrement les centres-villes, sont reconfigurés en fonction des besoins des classes supérieures et des investisseurs privés : elles prennent par exemple place dans le secteur de Lille Europe avec la création du casino Barriere.
  • Les politiques de développement économique reposent quasi exclusivement sur le soutien à la « turbine tertiaire » et aux emplois hautement qualifiés (comme Eurasanté ou Euratechnologie), laissant de côté les emplois faiblement qualifiés (et les populations qui en sont porteuses).

Au final, la majorité des Lillois n’y trouvent pas ses intérêts. Une part importante des budgets publics sert ces besoins au détriment des besoins fondamentaux, indispensables aux classes moyennes et populaires : écoles, équipements culturels et sportifs de proximité, projets d’aménagement à taille humaine, soutien à l’économie sociale et solidaire.

Certes, ces projets contribuent au rayonnement de la ville, mais ils ont également pour conséquence le développement de la spéculation immobilière (exemple du quartier des Bois-Blancs qui devient le quartier « Euratechnologie » )..

Une ville humaine et écologique

Adapter la ville au rythme de vie de ses habitants

Les décideurs ne lésinent pas sur les moyens pour faire scintiller l’image de marque de leur ville. En est-il de même pour la vie des Lillois ?

Étalement et fractures urbaines

L’étalement urbain (autrement dit, l’urbanisation des campagnes) s’accélère de manière préoccupante : entre 1999 et 2010, la surface du territoire urbain s’est accrue de 19% en France, passant de 100 000 à 119 000 km2 alors que la population n’augmentait que de 7%. Cette accélération de l’étalement urbain est liée au choix du « tout automobile », à la pression foncière, à la promotion du modèle de la maison individuelle encouragé par la fiscalité et le modèle culturel du « tous propriétaires ». Ce phénomène touche pleinement l’arrondissement de Lille.

L’espace péri-urbain fonctionne, pour une large part, comme un espace de relégation des classes moyennes et défavorisées (péri-urbain « subi »), chassées des métropoles par la spéculation immobilière. Toutefois, une part des ménages aisés réside également dans certains espaces périurbains dotés d’aménités « rurales » (péri-urbain « choisi » ). Ex : la Pévèle, les Weppes. Et la ville est également confrontée, en son sein, à des inégalités entre quartiers et à une spécialisation fonctionnelle trop marquée.

Ce modèle d’urbanisation inégalitaire entraine des déséquilibres sociaux et environnementaux :

  • Destruction de terres agricoles (80% des surfaces artificialisées durant la période 1992 à 2004 sont d’origine agricole),
  • Renchérissement des coûts d’investissement et de gestion des réseaux d’eau, d’électricité, routiers pour les collectivités,
  • Coût de chauffage des constructions (le coût de chauffage de maisons individuelles sans mitoyenneté est plus important que celui d’immeubles collectifs),
  • Coût du transport pour les ménages. En effet, les populations des banlieues sont également celles qui se déplacent le plus en voiture et sur les distances les plus longues [1].
  • Engorgement des autoroutes et des voies péri-urbaines

La ré-appropriation de la ville passe par une revalorisation des quartiers. L’objectif est de lutter contre un développement de la ville à 2 vitesses. De la même manière, la politique culturelle ne doit pas se réduire à la construction de quelques lieux « branchés » dans le centre-ville. Elle doit au contraire faire vivre les quartiers et ne peut se concevoir sans l’appui des associations locales..

Propositions

Renforcer le caractère prescriptif des documents d’urbanisme

Le Front de Gauche propose de s’appuyer davantage sur les documents d’urbanisme (Plan Local d’Urbanisme, Schéma de Cohérence Territoriale, Plan Local de l’Habitat,…) et de renforcer leur aspect prescriptif afin de gérer de manière transversale et durable l’utilisation des sols.

Cela impliquera de :
  • Identifier les emplacements nécessaires au déploiement de la collecte des déchets en apport volontaire et au développement de l’usage du vélo (garages à vélos, vélo routes,…).
  • Limiter les espaces constructibles dans les zones rurales et de densifier les zones péri-urbaines de la métropole.
  • Créer des réserves foncières. Ces réserves foncières devront dépasser les vocations classiques (habitat, activité) et couvrir également d’autres besoins : industriels, agricoles, voire de logistique urbaine.

Améliorer le cadre de vie, en développant notamment les espaces verts

À la différence de nombreuses villes françaises et européennes, Lille porte encore les cicatrices d’une urbanisation à la hussarde, répondant aux besoins des industries traditionnelles, surtout dans les quartiers ouvriers. Le cadre de ville est borné par cette réalité historique, mais cela n’est pas une fatalité. Il y a cependant une inégalité flagrante entre la partie nord de la ville jouissant d’un poumon vert [2], et la partie Sud, qui ne peut se satisfaire des aménagements récents (et nécessaires) à Moulins et du Jardin des Plantes enclavé entre une autoroute et une voie ferrée.

À Lille sud, de nombreux terrains vagues mériteraient des aménagements. La priorité dans ce domaine doit se concentrer sur l’amélioration du cadre de vie dans la Partie Sud. Un projet de réaménagement dans l’ensemble a été réalisé, mais l’austérité budgétaire n’a pas permis de le réaliser. Il faudra donc le modifier pour identifier les priorités quant à la requalification de cet espace. Par ailleurs, des pans entiers du tissu urbain méritent de voir des arbres s’installer sur les trottoirs partout où cela est possible.

L’austérité budgétaire n’a pas permis de réaliser le projet de réaménagement de l’espace emblématique du zoo, il faudra le modifier pour identifier les priorités quant à sa requalification et en garantir la gratuité.

Nous avons défendu lors de la campagne de 2008, avec l’ensemble de la gauche, de très nombreux projets dont seulement une petite quantité a été réalisée. Compte tenu des contraintes budgétaires et administratives, nous défendons cette fois-ci un programme de réalisations plus mesurées, mais néanmoins ambitieux.

  • Le commencement du recouvrement de l’autoroute A25 entre Porte d’Arras et Porte de Douai pour désenclaver le jardin des plantes et créer progressivement une ceinture verte entre Moulins et Lille Sud.
  • L’aménagement de parcs d’enfants et d’espaces verts dans le quartier Lille-Sud ( en réservant la périphérie sud du quartier pour des zones d’activités économiques), au sud de Wazemmes, à la limite de Fives et d’Hellemmes sur les terrains vagues et vacants.
  • Un projet d’aménagement léger de la friche située entre l’avenue Léon Jouhaux et la Deûle canalisée comprenant la remise en état des terrains de sport et des locaux pour un accès libre de ces équipements à l’avenir et la construction d’un sentier et d’un pont piétonnier pour relier cet espace au Bois de Boulogne.
  • Une réflexion dans ce domaine sur le quartier du Faubourg de Béthune incluant l’aménagement d’un parcours de loisirs dont le projet sera défini avec les habitants.

Faire émerger un tiers secteur d’habitat coopératif

Les projets d’habitat coopératif, qui permettent de faire participer la population à l’aménagement de la ville et peuvent comporter une dimension anti-spéculative, doivent être soutenus localement. Ces logements comportent souvent des espaces communs (lingerie, jardin, salle commune, etc.) et des activités (fêtes, travaux d’entretien, …) favorisant le lien social.

La Ville de Lille est en train de mettre en œuvre une première expérience encourageante d’habitat coopératif (cession de 5 parcelles à Bois Blancs, Wazemmes et Lille Sud)..

Propositions :
  • Le Front de Gauche propose de renforcer et d’élargir ce type d’habitat à un public plus large, notamment les classes populaires.
Le soutien des pouvoirs publics (Ville et Communauté Urbaine) passe par :
  • La mise à disposition de terrains viabilisés à prix coûtant,
  • La garantie de reprise du programme par les organismes de logement social, en cas d’échec du projet (= sécuriser le financement des porteurs de projet),
  • Le subventionnement d’une partie des coûts d’assistance à maîtrise d’ouvrage, notamment pour les premiers projets lancés.
Ce soutien public implique des contreparties :
  • Mise à disposition d’un contingent de logements sociaux au sein des programmes d’habitat coopératif,
  • Introduction de clauses anti-spéculatives dans les statuts de coopératives d’habitat (cessions des parts sociales au prix d’acquisition + inflation),
  • Accompagnement des groupes portant les projets d’habitat coopératifs par des chargés de projets.

Travaux et grandes infrastructures

L’Unité territoriale de Lille - Seclin permet d’informer les riverains sur les problématiques organisationnelles liées aux travaux sur le territoire Lillois.

Mais nombre de chantiers sont mal finis. Nous doterons cette unité de moyens permettant de suivre les travaux et de relancer bailleurs et opérateurs afin de garantir la qualité des finitions et le respect des clauses inscrites dans les marchés publics de la ville. Ces nouvelles compétences seront l’occasion d’accentuer la médiation entre les services et les habitants des quartiers. Les travaux de réparation de voirie seront désormais mis en oeuvre dans les mêmes délais quel que soit le quartier.

Libérer l’espace public de l’emprise de la publicité 

Alors que les espaces d’expression libres manquent, les espaces publicitaires dominent le paysage urbain. Dans les différentes instances où il sont élus, les élus du Front de gauche se battent pour limiter leur présence dans l’espace public.

De même, nous voulons développer les panneaux d’expression libre, ainsi que garantir un espace non commercial de ceux-ci [3].

Ceux-ci sont source de nuisances sonores, visuelles et mentales pour un grand nombre d’habitants. Ils consomment une quantité importante d’énergie et peuvent même se révéler accidentogènes lorsqu’ils se situent à proximité d’axes routiers.

Les nouveaux écrans publicitaires à LED sont équipés de caméras qui analysent le regard des passants afin d’étudier les meilleures méthodes pour capter le temps de cerveau disponible du consommateur potentiel. Toutes ces techniques ont une finalité : influencer chaque habitant à dépenser le plus d’argent possible dans les surfaces commerciales.

Au niveau métropolitain, nous proposons que le nouveau règlement local de publicité de la communauté urbaine de Lille renforce la réglementation de la publicité.

Ce règlement local de publicité doit :
  • Augmenter le nombre d’endroits où la publicité est interdite.
  • Durcir le régime d’autorisation dans les zones où la publicité est autorisée : suppression de la publicité sur le mobilier urbain et sur les voies de circulation où celle-ci pourrait se révéler accidentogène, réduction des formats d’affichage à 4m2 maximum (ce qui est déjà beaucoup !).
  • Interdiction des écrans publicitaires à LED sur la métropole.
  • Afin de mieux économiser l’énergie, nous préconisons une application ferme de l’obligation d’extinction des panneaux publicitaires lumineux la nuit.

Notes :

[1D’après les données 2010 du Plan de Déplacements Urbains de Lille Métropole chaque habitant de Lille se déplaçait en moyenne sur 13,15km par jour tandis que les habitants des banlieues de Roubaix - Tourcoing parcouraient en moyenne 17,52km et ceux du reste de Lille Métropole, 21,56km.

[2Avec le jardin Vauban, le Champ de mars, le parc Churchill et les rives du quartier Bois Blancs

[3En campagne électorale, de nombreux partis affichent leur volonté de réduire la publicité en ville. Ce n’est pas le cas dans les Conseils de Quartier comme, par exemple, à Wazemmes où seul l’élu du Front de gauche s’est opposé à la suppression de panneaux d’affichage libre au profit de panneaux publicitaires dans le quartier.

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