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L’information est une arme
Gilles Balbastre, journaliste et
documentariste, est coréalisateur
du film « Les nouveaux chiens
de garde », qui a attiré plus
de 200 000 spectateurs en salles
et donné lieu à des centaines
de débats. Aujourd’hui, il cherche
des voies parallèles pour financer
une « information progressiste ».
Il est aussi candidat aux élections
municipales, à Lille,
sur la liste du Front de gauche.

Ce qu’on met dans la tête
nuit aussi à la santé et
à la démocratie.

Ils s’engagent

Gilles Balbastre

Réalisateur

Interview de Gilles Balbastre, journaliste et
documentariste, coréalisateur
du film « Les nouveaux chiens
de garde », qui a attiré plus
de 200 000 spectateurs en salles
et donné lieu à des centaines
de débats. Aujourd’hui, il cherche
des voies parallèles pour financer une «  information progressiste ».

Le film « Les Nouveaux chiens de garde » [1] dénonce les élites médiatiques qui « justifient l’austérité pour le peuple et défendent les privilèges pour les riches ». Y a-t-il eu des retours de bâton ?

Avec le même producteur (Jem Productions),
juste à la fin des Nouveaux chiens de garde, j’ai
réalisé un film sur les salariés frontaliers en
Lorraine
 [2] , qui montre une transformation socio-économique de la région, qui était la capitale
mondiale de la sidérurgie. Parallèlement, le
Luxembourg, pays artificiel, qui était à l’origine
plutôt un pays de sidérurgistes et de paysans - il
y avait quatre ou cinq députés communistes
avant les années 70 - a créé un aspirateur d’emplois
de services, où les gens gagnent un peu
plus qu’en France. Ce f i lm a été pr is par
France 5.

La production s’est assez mal passée
avec eux, peut -être un peu à cause des
« Nouveaux chiens de garde »
(2), mais aussi
parce que les chaînes sont de plus en plus
frileuses, même sur le service public. Ils ont
mis le film au placard pendant dix-huit mois et
ils l’ont diffusé sans me prévenir, ni le producteur,
à minuit dix, sans aucune pub. C’est de la
censure économique. Aujourd’hui vous avez
nombre de films sur les amours de Marie-Cécile
qui aime Anne-Charlotte, qui aime Charles-
Henri, tout ça dans un loft à Paris dans le
Marais. On ne sait pas comment ils travaillent
et ils se regardent le nombril. Des considérations
qui tournent en rond autour du moi et pas
autour des problèmes de société, de la violence
du système politique et économique et des agissements
de cette élite et de cette noblesse
d’État.

Ça pose un problème car cette réalité
commence à écoeurer des millions de gens, qui
errent actuellement. Je préfère qu’ils aient « Les
nouveaux chiens de garde » comme référence,
car notre ennemi est le capital, alors que d’autre
vont chercher des ennemis classiques dans
l’histoire, avec un aspect nauséabond.

Ces difficultés de financement vous ont incité à créer la plate-forme « nada-info ». De quoi s’agit-il ?

Il y a eu 400 débats autour des «  Nouveaux
chiens de garde
 ». J’en ai fait 120. Un des
premiers échanges a porté là-dessus : on lutte
contre la malbouffe, on pourrait peut-être lutter
contre la mal-info. Et il est grand temps de
réclamer, comme de la bouffe bio, de l’info bio,
fabriquée par des journalistes élevés en plein
air, entièrement nourris à l’investigation, sans
trace de libéralisme, de conservateurs, voire de
conservatismes, et de publicité. Ce qu’on met
dans la tête nuit aussi à la santé et à la démocratie.
On peut se dire que la campagne hystérique des médias pendant la campagne présidentielle
de 2002 a peut-être avantagé un gars
comme Jean-Marie Le Pen, qui s’est retrouvé au
second tour. Ce n’est pas rien...

Dans les Amap,
associations pour le maintien de l’agriculture
paysanne, trente ou quarante consommateurs
garantissent la production d’un maraîcher

pendant un, deux ou trois ans et il leur fournit
toutes les semaines des paniers de produits
locaux et saisonniers. Pourquoi, dans des
Amip, associations de maintien de l’information
progressiste, on ne produirait pas deux ou
trois paniers dans l’année, avec un DVD, un
journal, un livre, produits en reprenant les
fondamentaux de notre métier de journaliste,
c’est-à-dire le temps de travail, qui nous est de
plus en plus enlevé par l’info-industrie ?

Sur quels projets travaillez-vous ?

Le premier produit qu’on mettrait dans ce
panier serait un documentaire sur comment les
médias traitent les mouvements sociaux
et
comment les mouvements sociaux peuvent
réagir.

Un exemple : Thierry Lepaon [secrétaire
général de la CGT - NDLR], interviewé par
Apolline de Malherbe, chroniqueuse politique
de BFM, pendant la bataille du travail du
dimanche menée par les patrons. Elle lui dit :
« Mais pourquoi, M. Lepaon, vous m’interdiriez
d’aller acheter du parfum après 23 heures ? De
quel droit, qui êtes-vous ?
 » Thierry Lepaon
tente de lui répondre. J’ai montré cet extrait à
une trentaine de militants de l’UL (union
locale] CGT de Strasbourg et la question était :
n’aurait-il pas dû lui dire, « Ecoutez madame, je
suis le secrétaire du premier syndicat de France,
vous me parlez autrement. » Krasucki, Séguy ou
Marchais auraient sûrement répondu autrement.
Certes, c’est aussi une question de
rapport de force différent, mais à force de ne
pas le mettre en avant, on le perd.

Le Medef relance ses attaques sur le statut d’intermittent du spectacle. Que vous a permis ce statut ?

J’ai pu faire des films à une vitesse qui me
permettait de bien les travailler : « Le chômage
a une histoire
 », « EDF, les apprentis sorciers »,
« Fortunes et infortunes des familles du Nord »...
A côté, ça m’a permis de faire de la critique des
médias, de créer un journal, Pour lire pas lu,
puis Le Plan B. Je comprends pourquoi le
Medef veut sabrer ce système car effectivement,
cela a contribué à alimenter la subversion... ou
plutôt à tenter d’éclairer la réalité.

Vous êtes candidat aux municipales à Lille sur la liste du Front de gauche. C’est une autre facette d’un même combat ?

Je me sens très proche du Front de gauche et
le fait qu’il ait choisi d’être autonome à Lille, de
ne pas faire de liste avec le Parti socialiste, m’a
déterminé. Je pense qu’il faudra se passer du Parti socialiste, définitivement. Je rejoins
Frédéric Lordon quand il dit qu’il y a deux
droites en France : la droite décomplexée,
l’UMP, et la droite complexée, le PS. Ce que fait
le PS au gouvernement est gravissime.

A Lille, une vraie politique de gauche, c’est quoi ?

Une ville de vrais services publics. On monte
un petit clip de campagne sur la journée d’un
citoyen lillois lambda qui, sans dépenser d’argent,
du lever au coucher, verrait son portemonnaie
se vider, en prenant les transports, en
ouvrant le robinet...

Le programme du Front de
gauche, par exemple, est pour la réintégration
du service public dans des régies municipales

et non pas des partenariats ou des missions de
service public données à des sociétés privées,
comme Keolis pour Transpole, qui rémunère
grassement ses actionnaires, le Grand Stade
avec ce « partenariat public privé »
... Mais aussi
avec la préoccupation qu’une partie des
services publics soient gratuits, comme le
transport. C’est un vrai combat. L’autre chose
qui m’a amené à être sur cette liste, c’est que je
ne vois pas, à part le Front de gauche, de parti
qui peut s’adresser à des classes sociales qui
n’ont plus de représentation. A Lille, 30% des
familles sont sous le seuil de pauvreté. Lille est
encore, par ses quartiers, une ville populaire.
A la dernière élection de Martine Aubry, au
second tour, 56% des inscrits n’ont pas voté...

Propos recueillis par Ludovic FINEZ

Notes :

[1Le documentaire épinglait notamment Yves Calvi, animateur vedette de l’émission « C dans l’air », sur France 5.

[2« Salariés sans frontières » peut être visionné
sur Youtube.

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